Le rapprochement bancaire
À retenir
Cadre programme : DCG, programme 2025 (arrêté du 4 août 2025, première session 2027), UE 9 « Comptabilité », partie 3 « Analyser comptablement des opérations courantes », sous-partie 3.1 « Traduire en comptabilité les opérations courantes réalisées avec les tiers ». L'étude se limite aux principes généraux.
Pourquoi c'est central à l'examen : l'état de rapprochement est un exercice classique de l'épreuve de 3 h : on compare le compte 512 de l'entreprise au relevé de la banque, on explique les écarts, on contrôle leur cohérence et on passe les écritures qui en résultent. C'est un exercice court, mais très discriminant : une écriture au mauvais sens fait échouer le contrôle final.
01Pourquoi rapprocher le compte banque et le relevé ?
L'entreprise tient un compte de banque (compte 512) dans sa comptabilité. La banque, de son côté, tient le compte de l'entreprise dans ses propres livres et en adresse périodiquement un relevé. Ces deux comptes décrivent la même réalité, mais ils sont tenus par deux acteurs différents, avec des dates et des informations différentes.
Le rapprochement bancaire est le contrôle qui compare les deux et en explique les écarts. Il permet de :
- vérifier l'exactitude et l'exhaustivité de la comptabilité de trésorerie ;
- détecter les erreurs, omissions, ou fraudes (chèque falsifié, double prélèvement) ;
- identifier les opérations bancaires non encore comptabilisées (frais, prélèvements, virements reçus) ;
- connaître le solde de trésorerie réellement disponible.
L'état de rapprochement est un document extra-comptable : il est établi en dehors du journal ; seules les écritures qui en résultent sont passées en comptabilité.
02Deux comptes en miroir
Quand l'entreprise a des fonds en banque, la banque lui doit cet argent : pour l'entreprise c'est une créance, et le compte 512 est débiteur. Pour la banque, ces mêmes fonds sont une dette envers l'entreprise : le compte de l'entreprise est créditeur dans les livres de la banque.
| Situation de l'entreprise | Solde du compte 512 (entreprise) | Solde du relevé (banque) |
|---|---|---|
| Fonds disponibles | Débiteur | Créditeur |
| Découvert | Créditeur | Débiteur |
| Encaissement d'un client | Débit de 512 | Crédit du compte |
| Paiement d'un fournisseur | Crédit de 512 | Débit du compte |
À retenir
En pratique : les deux comptes sont en sens contraire. Un solde créditeur sur le relevé correspond à un solde débiteur du 512. Les mouvements s'inversent aussi : une somme encaissée est portée au débit de 512 et au crédit du relevé.
03Pourquoi les soldes diffèrent
3.1 Les décalages de date (opérations déjà comptabilisées par l'entreprise)
Ces écarts disparaissent tout seuls quand la banque aura traité l'opération. Ils ne donnent pas d'écriture.
| Décalage | Effet sur le relevé par rapport au 512 |
|---|---|
| Chèques émis par l'entreprise, non encore débités par la banque | Le relevé est trop élevé : il faut retrancher ces chèques |
| Remises de chèques ou d'effets de l'entreprise non encore créditées | Le relevé est trop faible : il faut ajouter ces remises |
3.2 Les opérations non comptabilisées par l'entreprise (présentes sur le relevé)
Elles donnent lieu à une écriture dans le journal de l'entreprise.
| Opération du relevé | Écriture de l'entreprise (en face de 512) |
|---|---|
| Frais bancaires (tenue de compte, commissions) | Débit 627 Services bancaires et assimilés |
| Agios (intérêts débiteurs) | Débit 6616 Intérêts bancaires et sur opérations de financement |
| Prélèvement d'une assurance, d'un loyer, d'une redevance | Débit du compte de charge (616, 613, 612...) |
| Virement reçu d'un client | Crédit 411 |
| Effet impayé retourné | Débit 411, crédit 512 |
| Intérêts créditeurs | Crédit 768 Autres produits financiers |
3.3 Les erreurs
| Erreur | Qui corrige ? |
|---|---|
| Erreur de l'entreprise (montant mal saisi, opération oubliée, chèque non enregistré) | L'entreprise, par une écriture rectificative |
| Erreur de la banque | La banque, après réclamation : aucune écriture à passer |