Prévoir les ventes : corrélation, moindres carrés, ajustements exponentiel et puissance
À retenir
Cadre programme : DCG, programme 2025 (arrêté du 4 août 2025, première session 2027), UE 11 « Contrôle de gestion », partie 3 « Mettre en œuvre une démarche budgétaire pour piloter une organisation », sous-partie 3.2 « Mettre en œuvre les techniques prévisionnelles pour la gestion budgétaire ». Outils de prévisions commerciales au programme : corrélation linéaire, ajustement linéaire par la méthode des moindres carrés, ajustement exponentiel, ajustement puissance (le traitement des variations saisonnières et le lissage exponentiel sont vus au cours 13). Les moyennes mobiles ne sont pas à traiter. Le prix psychologique n'est pas à calculer mais à interpréter.
Pourquoi c'est central à l'examen : le budget des ventes déclenche tous les autres budgets. L'épreuve écrite de 4 h demande de calculer une droite d'ajustement ou un ajustement transformé (coefficient de corrélation compris), de prévoir une valeur future puis de juger la fiabilité de la prévision et de conseiller le décideur : il faut donc maîtriser le calcul ET son interprétation.
01Pourquoi prévoir, et sur quoi s'appuyer
Une prévision commerciale estime les ventes futures à partir de données passées (série chronologique : une valeur par période) ou d'une variable explicative (prix, dépenses publicitaires, taille du marché). Elle est le point de départ du budget des ventes (cours 11).
| Notion | Définition |
|---|---|
| Variable à expliquer (y) | Ce que l'on veut prévoir (ventes, demande) |
| Variable explicative (x) | Ce qui est censé l'expliquer (le temps, le prix, la publicité) |
| Ajustement | Recherche d'une courbe qui représente au mieux le nuage de points (x, y) |
| Extrapolation | Prolongement de la courbe hors de la période observée pour prévoir |
| Résidu | Écart entre la valeur observée et la valeur ajustée |
Une prévision n'est pas un budget : c'est une estimation, que le budget transforme en objectif.
02La corrélation linéaire
Le coefficient de corrélation linéaire r mesure l'intensité de la liaison linéaire entre deux variables. Avec n observations :
- moyennes : = Σx / n et ȳ = Σy / n ;
- variances : V(x) = Σx² / n - ² et V(y) = Σy² / n - ȳ² ;
- covariance : Cov(x, y) = Σxy / n - · ȳ ;
- r = Cov(x, y) / (σx · σy), avec σx = (x) et σy = (y).
| Valeur de r | Lecture |
|---|---|
| Proche de +1 | Forte liaison, les deux variables varient dans le même sens |
| Proche de -1 | Forte liaison, elles varient en sens opposé |
| Proche de 0 | Pas de liaison linéaire (une liaison non linéaire peut exister) |
Le coefficient de détermination r² donne la part de la variance de y expliquée par l'ajustement (r² = 0,95 : 95 % de la variation des ventes est expliquée par le modèle). Corrélation n'est pas causalité : deux variables peuvent évoluer ensemble sans lien direct (ou à cause d'une troisième).
03L'ajustement linéaire par les moindres carrés
On cherche la droite y = a·x + b qui minimise la somme des carrés des résidus :
- a = Cov(x, y) / V(x) (pente : variation de y quand x augmente de 1) ;
- b = ȳ - a · (ordonnée à l'origine).
La droite passe toujours par le point moyen ( ; ȳ). Pour une série chronologique, on prend x = rang de la période (1, 2, 3, ...), ce qui donne la tendance (aussi appelée « trend »).
3.1 Utiliser la droite pour prévoir
On remplace x par le rang de la période à prévoir. La prévision n'est fiable que si la tendance continue : c'est une extrapolation, d'autant plus risquée que l'on s'éloigne de la période observée.
04L'ajustement exponentiel
Il convient lorsque les ventes croissent (ou décroissent) à un taux constant, non d'une quantité constante. Le modèle est y = k · q^x, où q = 1 + taux de croissance par période.
On se ramène à une droite par le logarithme népérien : ln y = x · ln q + ln k. Posons Y = ln y : on ajuste Y = A·x + B par les moindres carrés, puis :
- q = e^A ;
- k = e^B ;
- le taux de croissance par période est q - 1.
05L'ajustement puissance
Il convient lorsque la variable y varie comme une puissance de x : y = k · x^α. On passe aux logarithmes des deux variables : ln y = α · ln x + ln k. On ajuste Y = α·X + B avec X = ln x et Y = ln y, puis k = e^B.
L'exposant α a une interprétation immédiate : c'est une élasticité constante (si x augmente de 1 %, y varie d'environ α %). Appliqué à la demande en fonction du prix, α est l'élasticité-prix de la demande (négative).
06Choisir et juger un ajustement
| Critère | Lecture |
|---|---|
| Coefficient de corrélation de la droite ajustée (r ou r²) | Plus |
| Forme du nuage de points | Courbe croissante qui s'accélère : exponentiel ; courbe décroissante convexe : puissance |
| Résidus | Réguliers (+, -, +, -) : bon ; tous du même signe par plage : mauvais modèle |
| Cohérence économique | Un modèle exponentiel ne peut pas croître indéfiniment (saturation du marché) |
Précautions :
- comparer les r de deux modèles transformés (par exemple celui de y = a·x + b et celui de ln y = A·x + B) est une aide au choix, pas une preuve : les variables ne sont pas les mêmes ;
- un excellent r sur 6 points ne garantit pas la prévision : environnement, concurrence, rupture ;
- plus l'horizon est lointain, plus l'incertitude est grande.
07Le prix psychologique : à interpréter, pas à calculer
Le prix psychologique est le prix que le consommateur perçoit comme « normal » ou acceptable pour un produit. En dessous, il soupçonne une qualité médiocre ; au-dessus, il juge le produit trop cher. On le repère par des enquêtes (pourcentage de personnes jugeant chaque prix « trop cher » et « trop bon marché ») qui fournissent une zone d'acceptabilité. Le programme demande de lire et d'interpréter ces résultats, pas de les calculer.
Points d'interprétation à retenir :
- la zone où la part de personnes ni opposées « trop cher » ni « trop bon marché » est la plus grande indique la fourchette de prix ;
- des effets de seuil existent (9,90 € perçu nettement moins cher que 10,00 € ; prix « ronds » associés au haut de gamme) ;
- le prix psychologique varie selon la cible, le canal et la marque : il complète une prévision, il ne la remplace pas ;
- les résultats d'enquête sont déclaratifs : ce que disent les enquêtés n'est pas ce qu'ils achètent.
À retenir
Hors programme UE 11 : les moyennes mobiles ne sont pas à traiter.