Semestre 1 — Axe 3 : Les métamorphoses du moi
À retenir
Période : XIXe-XXe siècles (modernité, psychanalyse).
Probabilité 2026 : ★★★★★ — Apparu dans 7 sessions Métropole sur 8.
Problématiques structurantes
- Le moi est-il une essence stable ou une construction continue ?
- Sommes-nous maîtres de notre identité ?
- L'autre est-il un miroir, un obstacle, ou une condition de notre moi ?
- Que reste-t-il du moi après les épreuves (deuil, exil, vieillissement) ?
Auteurs et textes incontournables
René Descartes (1596-1650)
Méditations métaphysiques (1641).
Thèse classique : le moi est une substance pensante (res cogitans). "Je pense, donc je suis."
Mais cette conception est remise en question par toute la modernité.
David Hume (1711-1776)
Traité de la nature humaine (1739).
Thèse contre Descartes : il n'y a pas de moi substantiel. Quand j'introspecte, je trouve seulement un "faisceau de perceptions" en perpétuel changement.
À retenir
Je ne peux jamais me saisir moi-même sans une perception.
Sigmund Freud (1856-1939)
Introduction à la psychanalyse (1916).
Thèse révolutionnaire : le moi n'est pas maître chez lui. L'inconscient (ça) et le surmoi tirent les ficelles.
À retenir
Le moi n'est pas maître dans sa propre maison.
Topique : ça (pulsions) / moi (réalité) / surmoi (interdits).
Marcel Proust (1871-1922)
À la recherche du temps perdu.
Thèse : le moi est multiplicité. "Moi" social, "moi" amoureux, "moi" enfant. Tous coexistent et se transforment.
Luigi Pirandello (1867-1936)
Un, personne et cent mille (1926).
Thèse : il n'y a pas un seul moi mais autant que de regards posés sur nous. Vitangelo Moscarda découvre qu'il est "un", "personne" et "cent mille".
Virginia Woolf (1882-1941)
Les Vagues (1931).
Thèse : le moi est flux de conscience, jamais figé. Technique narrative du monologue intérieur.
Simone de Beauvoir (1908-1986)
Le Deuxième Sexe (1949).
Thèse féministe majeure : "On ne naît pas femme, on le devient." L'identité féminine est une construction sociale, pas une essence.
Franz Kafka (1883-1924)
La Métamorphose (1915).
Thèse : transformation absurde de Gregor Samsa en insecte. Métaphore de l'aliénation moderne, de l'incapacité à être reconnu.