Thème 1 — De nouveaux espaces de conquête (océan et espace)
À retenir
Programme officiel — Référence : Bulletin officiel n°8 du 25 juillet 2019 (programme HGGSP terminale, voie générale) + note de service du 27 août 2025 (BO n°33, MENE2521923N) fixant le programme limitatif 2026.
Probabilité 2026 (analyse Innovaweb) : ⭐⭐⭐⭐ — Élevée. 4 dissertations principales en Métropole 2022-2025, mais l'OTC (Chine) n'a jamais été testé frontalement comme sujet principal.
Cadrage du thème
Ce thème étudie deux espaces nouvellement accessibles à la souveraineté étatique : les océans (au-delà des côtes territoriales) et l'espace extra-atmosphérique (depuis Spoutnik en 1957). L'enjeu central : comprendre comment ces espaces, longtemps considérés comme communs ou inaccessibles, deviennent des terrains d'affirmation de puissance et de rivalité géopolitique au XXIe siècle.
Trois questions structurent l'étude :
- Comment ces espaces sont-ils devenus des enjeux de puissance ? (dimension historique)
- Quelles rivalités les structurent aujourd'hui ? (dimension géopolitique contemporaine)
- Quelles coopérations sont possibles ? (dimension diplomatique)
Axe 1 — Conquêtes, affirmations de puissance et rivalités
Jalon 1 : La maîtrise des mers, attribut de puissance
Repère historique : la rivalité navale Royaume-Uni / Allemagne (1898-1914). En 1898, l'amiral Tirpitz fait voter une loi navale pour doter le Reich d'une Hochseeflotte capable de défier la Royal Navy. Le Royaume-Uni réplique avec le HMS Dreadnought (1906). Cette course aux armements est l'une des causes profondes de la Première Guerre mondiale.
Concept clé : la sea power (Alfred Thayer Mahan, The Influence of Sea Power upon History, 1890 — domaine public). Mahan théorise que la puissance maritime conditionne la puissance globale : qui contrôle les routes maritimes contrôle le commerce mondial.
À retenir
Whoever rules the waves rules the world. — Attribué à Alfred Thayer Mahan, The Influence of Sea Power upon History (1890)
Jalon 2 : La conquête de l'espace — de la guerre froide à la diversification
Repère historique : Spoutnik (4 octobre 1957) marque le début de l'ère spatiale. La rivalité URSS / USA structure les 30 premières années (Apollo 11 en 1969, navette spatiale, Mir).
Tournant 1991 : effondrement de l'URSS → la Russie hérite du programme spatial soviétique mais le ralentit. Les États-Unis dominent seuls jusqu'aux années 2000.
Tournant 2003 : Yang Liwei est le premier taïkonaute chinois. La Chine entre dans le club très fermé des puissances spatiales (avec station Tiangong dès 2021).
Diversification des acteurs depuis 2010 : émergence du New Space privé — SpaceX (2002, premier lancement orbital 2008), Blue Origin (2000), Rocket Lab (2006). Les coûts de lancement chutent (~95% en 10 ans avec le Falcon 9 réutilisable).
Axe 2 — Enjeux diplomatiques et coopérations
Jalon 3 : Les fonds marins, entre intérêts économiques et environnement
Convention de Montego Bay (1982) — entrée en vigueur 1994 : définit les ZEE (zones économiques exclusives, 200 milles nautiques) et la notion de patrimoine commun de l'humanité pour les fonds marins internationaux. Création de l'Autorité internationale des fonds marins (AIFM) à Kingston, Jamaïque.
Tensions contemporaines :
- Arctique : la fonte des glaces ouvre de nouvelles routes maritimes (Passage du Nord-Ouest, route maritime du Nord) et expose des ressources (estimées à 13% du pétrole non découvert mondial selon US Geological Survey 2008). La Russie a planté un drapeau au pôle Nord à 4 261 m de profondeur en 2007. Le Conseil de l'Arctique (1996) tente d'arbitrer.
- Mer de Chine méridionale : la Chine revendique 90% de l'espace via la "ligne en 9 traits", rejetée par l'arbitrage de La Haye (Cour permanente d'arbitrage, juillet 2016) — sentence ignorée par Pékin. Construction d'îles artificielles dans les Spratleys.
Jalon 4 : Les espaces extra-atmosphériques — coopérations et conflits
Coopération emblématique : la Station spatiale internationale (ISS). Lancée en 1998, c'est le plus grand projet international scientifique de l'histoire (15 pays). Coût : ~150 milliards $. Fin de vie programmée 2030.
Concurrence émergente : la Chine, exclue de l'ISS (loi Wolf, 2011), a développé sa propre station Tiangong (opérationnelle depuis 2022). La Russie a annoncé son retrait de l'ISS après 2024 (effet de la guerre en Ukraine).
Cadre juridique : Traité de l'espace (Outer Space Treaty, 1967) — l'espace est res communis (patrimoine commun), pas de souveraineté étatique, usage pacifique. Affaibli par l'US Space Act (2015) qui autorise l'exploitation commerciale de ressources extraterrestres, et par les Accords Artemis (NASA, 2020) qui posent un cadre alternatif américano-centré pour le retour sur la Lune.