Dépréciations et reprises : immobilisations, stocks, créances douteuses, titres
À retenir
Cadre programme : DCG, programme 2025 (arrêté du 4 août 2025, première session 2027), UE 9 « Comptabilité », partie 4 « Opérer les régularisations liées aux opérations d'inventaire », sous-partie 4.1. Savoirs associés : dépréciation des actifs ; sortie des immobilisations et des valeurs mobilières de placement du patrimoine ; gestion du portefeuille de titres avec les méthodes PEPS et coût moyen pondéré. Limites officielles : les différences de conversion et les provisions pour pertes de change sont exclues ; les modifications du plan d'amortissement sont exclues.
Pourquoi c'est central à l'examen : les dépréciations de créances et de stocks tombent presque chaque année. Le candidat doit raisonner en ajustement (dotation ou reprise de la seule différence), choisir le bon compte parmi 6816, 6817 et 6866, et ne pas confondre dépréciation, amortissement et provision.
01Le principe de la dépréciation
1.1 Définition
La dépréciation est la constatation que la valeur actuelle d'un actif est devenue inférieure à sa valeur nette comptable (PCG, article 214-5). La valeur actuelle est la plus élevée de la valeur vénale (prix de vente net des coûts de sortie) et de la valeur d'usage (valeur des avantages économiques futurs attendus).
À chaque clôture, l'entité apprécie s'il existe un indice de perte de valeur (articles 214-15 et 214-16 : évolution défavorable du marché, obsolescence, dégradation, performances inférieures aux prévisions). Le cas échéant, elle compare la VNC à la valeur actuelle. Si la valeur actuelle est inférieure, la VNC est ramenée à la valeur actuelle par une dépréciation (article 214-17). Une plus-value latente n'est jamais comptabilisée (article 214-20).
La dépréciation n'est pas définitive : elle est reprise quand les raisons qui l'ont motivée ont cessé d'exister (article 214-19), sauf celle du fonds commercial, qui n'est jamais reprise. Elle se distingue de l'amortissement (consommation certaine et irréversible) et de la provision (passif incertain).
1.2 Le mécanisme d'ajustement
On ne comptabilise jamais « la dépréciation de l'exercice » de façon isolée : à chaque clôture, on détermine la dépréciation nécessaire et on la compare au solde déjà constitué dans le compte de dépréciation.
| Dépréciation nécessaire à la clôture | Solde existant (ouverture) | Écriture |
|---|---|---|
| Positive | Nul | Dotation égale à la dépréciation nécessaire |
| Supérieure au solde | Positif | Dotation complémentaire égale à la différence |
| Inférieure au solde, mais non nulle | Positif | Reprise partielle égale à la différence |
| Nulle | Positif | Reprise totale du solde |
Dotation : débit d'un compte 68 / crédit du compte de dépréciation. Reprise : débit du compte de dépréciation / crédit d'un compte 78.
1.3 Les comptes à utiliser
| Actif déprécié | Compte de dépréciation (bilan) | Dotation | Reprise | Niveau de résultat |
|---|---|---|---|---|
| Immobilisations incorporelles | 290 (2905 marques, 2906 droit au bail, 2907 fonds commercial) | 6816 Dotations pour dépréciations des immobilisations incorporelles et corporelles | 7816 Reprises sur dépréciations des immobilisations incorporelles et corporelles | Exploitation |
| Immobilisations corporelles | 291 (2911 terrains, 2913 constructions...) | 6816 | 7816 | Exploitation |
| Participations et créances rattachées | 296 (2961 titres de participation) | 6866 Dotations pour dépréciation des éléments financiers | 7866 Reprises sur dépréciations des éléments financiers | Financier |
| Autres immobilisations financières | 297 | 6866 | 7866 | Financier |
| Stocks et en-cours | 39 (391, 392, 393, 394, 395, 397) | 6817 Dotations pour dépréciations des actifs circulants | 7817 Reprises sur dépréciations des actifs circulants | Exploitation |
| Créances clients | 491 Dépréciations des comptes de clients | 6817 | 7817 | Exploitation |
| Autres comptes de tiers (débiteurs divers, comptes courants d'associés) | 495, 496 | 6817 | 7817 | Exploitation |
| Valeurs mobilières de placement | 590 Dépréciations des valeurs mobilières de placement | 6866 | 7866 | Financier |
Les subdivisions à cinq chiffres (68162 corporelles, 68173 stocks, 68174 créances, 68665 VMP, 78162, 78173, 78174, 78665...) sont possibles pour détailler ; les comptes à quatre chiffres suffisent à l'examen.
Règle de non-compensation : la dépréciation est portée dans son propre compte et présentée en déduction de l'actif concerné ; on ne la compense pas avec une plus-value latente sur un autre actif.
02La dépréciation des immobilisations
2.1 Immobilisations non amortissables
Pour un terrain, un fonds commercial à durée non limitée ou un titre, on compare la VNC (= la valeur brute) à la valeur actuelle.
- Dépréciation = VNC - valeur actuelle, si positive.
- Le fonds commercial à durée non limitée fait l'objet d'un test de dépréciation au moins une fois par exercice.
- Les dépréciations du fonds commercial ne sont jamais reprises (article 214-19).
2.2 Immobilisations amortissables
La dépréciation d'un bien amortissable modifie, de manière prospective, la base amortissable (article 214-17). Cette incidence sur les annuités suivantes constitue une modification du plan d'amortissement : hors programme UE 9. Les sujets se limitent à la dotation de l'exercice de constatation.
2.3 Titres immobilisés
| Titres | Valeur actuelle |
|---|---|
| Titres de participation (lien durable ; titres présumés de participation au-delà de 10 % du capital) | Valeur d'utilité : ce que l'entité accepterait de décaisser pour les acquérir ; éléments pris en compte : rentabilité, capitaux propres, perspectives, cours moyen du dernier mois |
| Autres titres immobilisés cotés | Cours moyen du dernier mois |
| Autres titres immobilisés non cotés | Valeur probable de négociation |
Dotation : débit 6866 / crédit 296 ou 297 (2961 titres de participation). Reprise : débit 296 ou 297 / crédit 7866.
03La dépréciation des stocks
3.1 Principe
À l'inventaire, les stocks sont évalués unité par unité ou catégorie par catégorie (article 214-22). Le coût d'entrée (PEPS ou CMP, voir cours 19) est comparé à la valeur actuelle, c'est-à-dire en pratique au prix de vente prévisible net des frais de vente. Le prix et les perspectives de vente sont pris en considération.
Dépréciation = coût d'entrée - valeur actuelle, si positive.
Exception : lorsque le stock est couvert par un contrat de vente ferme dont le prix couvre le coût et la totalité des frais restant à supporter, la valeur d'entrée est conservée (article 214-23) et aucune dépréciation n'est constatée.
3.2 Comptes
Dotation : débit 6817 / crédit 39x (397 marchandises, 391 matières premières et fournitures, 392 autres approvisionnements, 393 et 394 en-cours, 395 produits). Reprise : débit 39x / crédit 7817.
La variation des stocks (cours 19) est calculée sur les valeurs brutes ; la dépréciation est un mécanisme séparé.
04Les créances douteuses
4.1 Reclassement
Une créance est douteuse ou litigieuse quand son recouvrement est incertain (client en redressement judiciaire, retards répétés, contestation). On la reclasse, pour son montant TTC, du compte 411 « Clients » vers le compte 416 « Clients douteux ou litigieux ».
4.2 Dépréciation
La perte probable est évaluée sur le montant hors taxes : la TVA n'est récupérable (ou régularisable) qu'en cas de perte définitive.
Dépréciation = créance hors taxes x (1 - taux de recouvrement probable)
Écriture : débit 6817 / crédit 491 « Dépréciations des comptes de clients ».
4.3 Dénouement des créances douteuses
| Situation l'exercice suivant | Écritures |
|---|---|
| Le client paie en totalité | Encaissement (débit 512 / crédit 416) ; reprise de la dépréciation (débit 491 / crédit 7817) |
| Le client paie en partie et le reste est irrécouvrable | Encaissement partiel ; perte définitive sur le solde : débit 654 (HT) et débit 44571 (TVA collectée) / crédit 416 (TTC) ; reprise de la dépréciation devenue sans objet |
| La créance est définitivement perdue | Débit 654 et 44571 / crédit 416 ; reprise de la dépréciation (débit 491 / crédit 7817) |
| Le risque évolue sans dénouement | Dotation complémentaire ou reprise partielle (voir 1.2) |
| Une créance déjà passée en perte est finalement recouvrée | Débit 512 / crédit 7583 Rentrées sur créances amorties |
La régularisation de TVA sur créances irrécouvrables dans ses cas complexes relève de l'UE 4 ; l'UE 9 attend l'écriture simple ci-dessus lorsque le sujet indique que la TVA est régularisée.