Pour deux événements A et B avec P(A)>0 et P(B)>0 :
PB(A)=P(B)P(A)⋅PA(B)
Vocabulaire bayésien :
P(A) : probabilité a priori (avant d'observer B).
PB(A) : probabilité a posteriori (après avoir observé B).
PA(B) : vraisemblance (B sachant A).
P(B) : évidence (probabilité d'observer B, calculée par probabilités totales).
Exemple classique : test médical
Une maladie touche 1 % d'une population. Un test détecte la maladie avec sensibilité 95 % (vrai positif si malade) et spécificité 90 % (vrai négatif si non malade).
Quelle est la probabilité d'être réellement malade sachant qu'on a un test positif ?
Notations : M = "malade", T = "test positif".
P(M)=0,01 (a priori).
PM(T)=0,95 (sensibilité).
PM(T)=0,90, donc PM(T)=0,10 (faux positifs).
Calcul de P(T) par probabilités totales :
P(T)=P(M)⋅PM(T)+P(M)⋅PM(T)=0,01⋅0,95+0,99⋅0,10=0,1085
Calcul de PT(M) par Bayes :
PT(M)=P(T)P(M)⋅PM(T)=0,10850,01⋅0,95≈0,088=8,8%
Conclusion contre-intuitive : malgré un test positif, la probabilité d'être malade est seulement 8,8 %. La prévalence faible (1 %) écrase la sensibilité du test.
Mise à jour bayésienne
Si on refait un second test indépendant et qu'il est positif aussi :
Nouvelle a priori : P(M)=0,088 (la précédente a posteriori).
Nouveau Bayes : P(M∣T1T2)≈0,088⋅0,95+0,912⋅0,100,088⋅0,95≈47%.
La probabilité a posteriori se met à jour à chaque nouvelle observation. C'est le principe central de l'inférence bayésienne.
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Échantillonnage et loi binomiale
Schéma de Bernoulli
Une épreuve de Bernoulli : expérience à deux issues, succès (proba p) ou échec (1−p).
Un schéma de Bernoulli : répétition de n épreuves indépendantes et identiques.
Loi binomiale
X = nombre de succès dans le schéma. Alors X∼B(n,p) :
P(X=k)=(kn)pk(1−p)n−k
E(X)=npV(X)=np(1−p)
Intervalle de fluctuation à 95 %
Pour X∼B(n,p) avec n grand (n≥30, np≥5, n(1−p)≥5), la fréquence empirique F=X/n vérifie :
P(F∈[p−n1;p+n1])≥0,95
Usage : tester si une fréquence observée est compatible avec une proportion théorique.
Exemple : un fabricant annonce 10 % de pièces défectueuses. Sur un lot de 400 pièces, on en compte 50 défectueuses. Compatible avec l'annonce ?
Fréquence observée : 50/400=0,125∈[0,05;0,15]. Compatible avec l'annonce du fabricant.
Temps d'attente — loi exponentielle
Définition
Une variable aléatoire T suit une loi exponentielle de paramètre λ>0 si sa densité est :
f(t)=λe−λt,t≥0
Fonction de répartition :
P(T≤t)=1−e−λt
Espérance
E(T)=λ1
C'est le temps moyen d'attente.
Propriété d'absence de mémoire
P(T>s+t∣T>s)=P(T>t)
Interprétation : si on a déjà attendu s minutes, la probabilité d'attendre encore t minutes ne dépend pas de s. C'est la spécificité de la loi exponentielle.
Applications
File d'attente (entre deux clients dans un supermarché, deux appels dans un centre d'appels).
Désintégration radioactive (temps avant désintégration d'un atome).
Fiabilité (durée de vie sans panne d'un composant).
Exemple
Le temps d'attente entre deux clients dans une boutique suit une loi exponentielle d'espérance 5 minutes.
λ=1/5=0,2.
P(T≤3)=1−e−0,2⋅3=1−e−0,6≈0,451.
P(T>10)=e−2≈0,135.
P(T>15∣T>5)=P(T>10)≈0,135 (absence de mémoire).
Exercice-type
Énoncé : Dans un labo, le temps d'attente entre deux émissions radioactives suit une loi exponentielle de paramètre λ=0,5 (en secondes).
Calculer l'espérance.
Calculer P(T≤1) et P(T>4).
Si on a déjà attendu 2 secondes sans émission, quelle est la probabilité d'attendre encore plus d'une seconde ?
Corrigé :
E(T)=1/λ=2 secondes.
P(T≤1)=1−e−0,5≈0,393. P(T>4)=e−2≈0,135.
Par absence de mémoire : P(T>3∣T>2)=P(T>1)=e−0,5≈0,607.
Pièges à éviter
Confondre densité et probabilité ponctuelle. Pour une variable continue (loi exponentielle), P(T=t)=0 pour tout t. On parle uniquement de probabilités d'intervalles.
Oublier l'absence de mémoire. Ne pas calculer P(T>10)−P(T>5), c'est P(T>10)/P(T>5) qu'il faut pour le conditionnel.
Mauvais paramètre λ. Si l'espérance est 5 min, alors λ=1/5 (pas 5). Inverse de l'espérance.
Q&R pour le tuteur IA
Q : Pourquoi l'inférence bayésienne est-elle "contre-intuitive" pour les tests médicaux ?
R : Parce que la prévalence (rareté de la maladie) écrase la sensibilité du test. Si la maladie est rare (1 %) et qu'un test a 10 % de faux positifs, alors la majorité des tests positifs viendront du grand groupe de non-malades (99 % de la population × 10 % de faux positifs = 9,9 %), beaucoup plus que les vrais positifs (1 % × 95 % = 0,95 %).
Q : Quelle différence entre intervalle de fluctuation et intervalle de confiance ?
R : Intervalle de fluctuation : connaissant p (vraie proportion), je prédis dans quel intervalle se trouvera la fréquence observée. Intervalle de confiance : connaissant la fréquence observée, j'estime dans quel intervalle se trouve la vraie proportion p. Inverse l'un de l'autre.
Q : Quand utiliser la loi exponentielle plutôt qu'une autre loi continue ?
R : Pour les phénomènes de temps d'attente sans mémoire : intervalle entre 2 émissions radioactives, 2 clients, 2 pannes. Si la situation a une "mémoire" (par exemple un client met d'autant plus de temps à arriver qu'on l'attend), une autre loi (normale, gamma...) serait plus adaptée.
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